Biélorussie/ Un pays de lacs et de forêts, marqué par l’histoire soviétique
Posté par autourdumonde le janvier 5, 2008
Narotch, le lac le plus grand de Biélorussie
Le Belarus est un petit pays qui se trouve à l’est de l’Europe et à l’ouest de la Russie (son petit frère, comme on l’appelait avant la crise de gaz à la fin de l’année 2006) (sic).
Pourquoi « Belarus » ?: le préfixe « béla-, biélo-» signifie « blanc, propre ». Il existe plusieurs étymologies : 1.car dans le pays il y a beaucoup de bouleaux; 2. Car les gens d’autrefois portaient des vêtements en lin de couleur blanche ; 3. Car ces gens étaient blonds, aux yeux bleus ; 4. « blanc » signifiait orthodoxe, la religion principale de la région ; 5. Ce territoire n’a jamais été sous le joug des tatares.
Une petite île sur le Lac de Narotch
La superficie compte 207, 6 km carrés ce qui est 2,6 fois plus petit que la France et la population n’est que de 10 millions. La capitale est Minsk dont la population est 1,6 millions. Celle d’autres villes ne dépasse pas 500 milles habitantes. Dès qu’on sort de Minsk, on se retrouve dans des champs infinis qui se mêlent à des forets, à de petites villes qui ressemblent plutôt à des villages avec leurs petites maison sympas en bois et colorées de toutes les couleurs de l’arc- en-ciel, avec de petits potagers et jardins, des nids de cygnes sur la cheminée ou un vieux chêne ( Chez nous, on croit que cet oiseau porte du bonheur aux habitants de la maison. Donc chaque automne, on range soigneusement ce nid dans la grange pour pouvoir chauffer la maison et le printemps, on le redépose sur sa place) !
Les paysages attirent par leur beauté modeste. Ici il n’y a pas de montagnes, pas de mer, mais c’est le pays des lacs et de forets. Nos poètes l’appelaient le pays aux yeux bleus, le pays sous les ailes blanches des cygnes… Le nord a été orné de lacs comme de perles par un magicien raffiné, à goût sophistiqué… C’était le glacier venu de la Scandinavie.
Minsk… Cette ville a été presque entièrement détruite pendant la Grande Guerre nationale (GGN), elle a été reconstruite après et a maintenant un air très soviétique : les proportions mathématiques sont respectées ( entre la hauteur des bâtiments et la largeur des avenues, par exemple), c’est colossal, vaste (pas de charmantes ruelles étroites ), des avenues larges, symétriques, des bâtiments ornés de colonnes corinthiennes ( ordre préféré de Staline) et bien sûr, Lénine en fer sur la place de l’Indépendance ainsi Dzerginski devant le bâtiment du KGB biélorusse ( cet homme était le chef du NKVD soviétique qui effectuait des répressions contre les opposants du régime. D’ailleurs, c’est un type désagréable qui même en fer donne la chair de poule !) )
Notre passé est à chaque pas. Il y a beaucoup de monuments pour honorer les soldats qui sont morts pendant la GGN. Car au cours de cette période, le peuple biélorusse a vraiment beaucoup souffert. Quasiment un homme sur 3 est mort. Même maintenant, on s’aperçoit parfois que dans la rue ou dans un magasin, il y a beaucoup plus de femmes que d’hommes. Chaque famille a été touchée : ma grand-mère a été maquisarde biélorusse, mes grands-pères combattaient au front.
Mais l’âme de Minsk se cache dans tout cela, il ne faut que la retrouver, elle a du charme. Elle sourit aux enfants qui jouent dans ses beaux parcs un jour d’été, elle flâne sur les quais de Svislotch, dans les avenues noyées de feux de nuit. Car la nuit change tout. L’âme de Minsk est alors présente dans les théâtres, dans les palais des Beaux Arts, dans les églises et cathédrales, dans les squares, près de fontaines, dans les visages souriants des gens…
Chaque matin je me réveille, je regarde par la fenêtre de la cuisine et je vois des oiseaux sur le bouleau, tout près, regardant curieusement, à leur tour, notre fenêtre. C’est ça, son âme : les hirondelles qui crient en annonçant la pluie, les fenêtres allumées des mansardes où travaillent des peintres, les chants des grenouilles au bord du lac près du centre de la ville. Vraiment, elle a du charme…
La Grande Guerre nationale
La Grande Guerre nationale est l’appellation donnée à la guerre contre l’Allemagne fasciste, entre 1941 et 1945. Elle a commencé brusquement le 22 juin à 4h du matin. Il y avait des contradictions: les explorateurs annonçaient plusieurs fois à Staline qu’il y avait des préparations de l’attaque a la frontière (l’armée allemande avait occupe la Pologne, donc elle se trouvait a la frontière avec l’URSS). Mais Staline n’y avait pas prêté attention. Donc, le commandement avait mis trop tard l’armée en état d’alerte.
Hitler avait le plan de la guerre de foudre : il comptait conquérir la Biélorussie en quelques jours, et au bout d’un mois, occuper Moscou. La Biélorussie a subi le premier coup et a fait avorté ce plan car l’armée fasciste a mis plus d’un mois à occuper le Belarus (les soldats de la Forteresse de Brest (se trouve a la frontière) se sont battus jusqu’à la fin).
Cela donna du temps pour pouvoir concentrer les troupes de l’Armée Rouge en direction de Moscou. Le territoire de la Biélorussie se retrouvait sous l’occupation des fascistes. Hitler avait un plan d’actions sur les territoires occupés: le plan OST (=Est), selon lequel il fallait exterminer 70% de la population, 100% de Juifs et d’autres minorités nationales (tsiganes), les 30 % qui restaient, devaient servir de main-d’oeuvre dans les usines allemandes.
Cela frappe par sa cruauté… les fascistes tuaient des gens, les chassaient dans les camps de concentration, organisaient des rafles, brûlaient des villages avec leurs habitants. Face à ces atrocités, des personnes ont décidé de résister. C’est ainsi que le mouvement des maquisards naît très vite après l’occupation: les gens partaient se cacher dans les forets. Ils s’armaient et organisaient des opérations contre les nazis, faisaient de l’exploration. En villes il y avait aussi des mouvements clandestins qui s’occupaient également de diversions et de la propagande anti-fasciste.
Au fur et a mesure, les maquisards ont crée des zones qu’ils contrôlaient totalement, ou il n’y avait pas de fascistes et dans lesquelles ceux-ci avaient peur de pénétrer après quelques rafles ratées. Ma grand-mère était dans une de ces zones, elle était agent de liaison. Mais il y avait aussi des collaborateurs qui étaient contre le pouvoir des communistes ou bien, qui avaient quelques buts vaniteux… Dans cette guerre il y avait beaucoup de contradiction et elle nous a laisse assez d’énigmes…
Vika, Minsk, Biélorussie
Un magasin Ma rue Nartoch, village touristique


