Autour du monde

Que se passe-t-il à l’autre bout du monde?

Archives pour janvier 2008

«We live on an island»

Posté par autourdumonde le janvier 11, 2008

photo-australie-2-eliane.jpg“We live on an island” was singing this fellow, Mr Percival, with lots of voices behind, at the Woodford festival, a few days ago. Woodford? The biggest music and art festival in  Queensland, the sunshine state, located in the Northern East part of Australia. Mr Percival? A tall, black-haired man, about 45 years-old and with a thick moustache which enables him to sing properly, as he says. But maybe the important point was his last words, before he left the stage, to a young band coming back home after nine years in NY.

“An island.”.. and not a small one!

  So the question is, does it change anything, culturally, or even psychologically, to live on an island? And what about a lonely island?

There are such different ways of thinking the country-continent, such as Britain, or Iceland. The first one, maybe as a colonialist empire, or maybe as a money-independent state, isn’t always appreciated by the other European countries. The second one, under Danish control for centuries, took time to finally feel equal to any other country. While so many strangers move to London, every Icelander has to come back home one day. And those backgrounds come along with people.

  But Australia… The island is so large and the state is so young. People were prisoners, punished for their past acts, jailed in this lost land, in the middle of waters. When the boundaries are the desert on one side and the ocean on the other, there is no chance to escape your faults…

But when the sun is shining, when the forests are waterfalls, amazing wilderness, and green depth, when the land is laying under your thoughts, we can easily imagine that prisoners wanted to start from scratch.

  Australia is the country of all possibilities. Australia is the state where you are welcome and where your life is considered as good for the country. Australia is the island where you can start a new life and where you will be accepted as you are, as long as you do something of yourself, whatever it is. You can pay; you can have whatever you want. You can work; you are free. On this island, we are all here to be alive, to be free and happy, to build our own paradise. So we are all lost on the same island.

Because of the history of Australia, or because of its exceptional weather, or maybe because of common dreams, whatever, Australia is more like a community. You are alone, sure, but everyone is your friend by default. You have your own roots, sure, but we are all here, together. You have your own plans, sure, but this cannot be better for the country. So we are on the same way, like brothers.

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This sounds dressed up, but the language tells by itself. You call everyone your mate, queuing at the bank or paying your bill at the supermarket. Everyone asks you how you are going, with a sincere smile, even from beautiful girls :) . You start conversations in the train or waiting for a concert, you are invited to barbecues after the second meeting and you receive help from the stranger.

  

You are such a lucky one to be in this growing country, looking at this beautiful land and living with the expansion of the city, of the economy and of the culture. You are part of this young story. You are lucky to be in Australia, so be my mate, be happy, and enjoy your day, ’cause (as they say) « she’ll be right! ».

  Australia/Eliane de Montmorillon

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Biélorussie/ Un pays de lacs et de forêts, marqué par l’histoire soviétique

Posté par autourdumonde le janvier 5, 2008

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Narotch, le lac le plus grand de Biélorussie

Le Belarus est un petit pays qui se trouve  à l’est de l’Europe et à l’ouest de la Russie (son petit frère, comme on l’appelait avant la crise de gaz à  la fin de l’année 2006) (sic).  

Pourquoi « Belarus » ?: le préfixe « béla-, biélo-» signifie « blanc, propre ». Il existe plusieurs étymologies : 1.car dans le pays il y a beaucoup de bouleaux; 2. Car les gens d’autrefois portaient des vêtements en lin de couleur blanche ; 3. Car ces gens étaient blonds, aux yeux bleus ; 4. « blanc » signifiait orthodoxe, la religion principale de la région ; 5. Ce territoire n’a jamais été sous le joug des tatares.  

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Une petite île sur le Lac de Narotch

La superficie compte 207, 6 km  carrés ce qui est 2,6 fois plus petit que la France et la population n’est que de 10 millions.  La  capitale est Minsk dont la population est 1,6 millions. Celle d’autres villes  ne dépasse pas 500 milles habitantes. Dès qu’on sort de Minsk, on se retrouve dans des champs infinis qui se mêlent à des forets, à de petites villes qui ressemblent plutôt  à des villages avec leurs petites maison sympas en bois et colorées de toutes les couleurs de l’arc- en-ciel, avec de petits potagers et jardins, des nids de cygnes sur la cheminée ou un vieux chêne ( Chez nous, on croit que cet oiseau porte du bonheur aux habitants de la maison. Donc chaque automne, on range soigneusement ce nid dans la grange  pour pouvoir chauffer la maison et le printemps, on le redépose sur sa place) !

Les paysages attirent par leur beauté modeste. Ici il n’y a pas de montagnes, pas de mer, mais c’est le pays des lacs et de forets. Nos poètes l’appelaient le pays aux yeux bleus, le pays sous les ailes blanches des cygnes…  Le nord a été orné de lacs comme de perles par un magicien raffiné, à goût sophistiqué… C’était le glacier venu de la Scandinavie.

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Minsk… Cette ville  a été presque entièrement détruite pendant la Grande Guerre nationale (GGN), elle a été reconstruite après et a maintenant un air très soviétique : les proportions mathématiques sont respectées ( entre la hauteur des bâtiments et la largeur des avenues, par exemple), c’est colossal, vaste (pas de charmantes ruelles étroites ), des avenues larges, symétriques, des bâtiments ornés de colonnes corinthiennes ( ordre préféré de Staline) et bien sûr, Lénine en fer sur la place de l’Indépendance ainsi Dzerginski devant le bâtiment du KGB biélorusse ( cet homme était le chef du NKVD soviétique qui effectuait des répressions contre les opposants du régime. D’ailleurs,  c’est un type désagréable qui même en fer donne la chair de poule !) )

Notre passé est  à chaque pas. Il y a beaucoup de monuments pour honorer les soldats qui sont morts pendant la GGN. Car au cours de cette période, le peuple biélorusse a vraiment beaucoup souffert. Quasiment un homme sur 3 est mort. Même maintenant, on s’aperçoit parfois que dans la rue ou dans un magasin, il y a beaucoup plus de femmes que d’hommes. Chaque famille a été touchée : ma grand-mère a été maquisarde biélorusse, mes grands-pères combattaient au front.  

Mais l’âme de Minsk se cache dans tout cela, il ne faut que la retrouver, elle a du charme. Elle sourit aux enfants qui jouent dans ses beaux parcs un jour d’été, elle flâne sur les quais de Svislotch, dans les avenues noyées de feux de nuit. Car la nuit change tout. L’âme de Minsk est alors présente dans les théâtres, dans les palais des Beaux Arts, dans les églises et cathédrales, dans les squares, près de fontaines, dans les visages souriants des gens…

Chaque matin je me réveille, je regarde par la fenêtre de la cuisine et je vois des oiseaux sur le bouleau, tout près, regardant curieusement, à leur tour, notre fenêtre. C’est ça, son âme : les hirondelles qui crient en annonçant la pluie,  les fenêtres allumées des mansardes  où travaillent des peintres, les chants des grenouilles au bord du lac près du centre de la ville. Vraiment, elle a du charme… 

  

La Grande Guerre nationale

La Grande Guerre nationale est l’appellation donnée à la guerre contre l’Allemagne fasciste, entre 1941 et 1945. Elle a commencé brusquement le 22 juin à 4h du matin. Il y avait des contradictions: les explorateurs annonçaient plusieurs fois à Staline qu’il y avait des préparations de l’attaque a la frontière (l’armée allemande avait occupe la Pologne, donc elle se trouvait a la frontière avec l’URSS). Mais Staline n’y avait pas prêté attention. Donc, le commandement avait mis trop tard l’armée en état d’alerte.

Hitler avait le plan de la guerre de foudre : il comptait conquérir la Biélorussie en quelques jours, et au bout d’un mois, occuper Moscou. La Biélorussie a subi le premier coup et a fait avorté ce plan car l’armée fasciste a mis plus d’un mois à occuper le Belarus (les soldats de la Forteresse de Brest (se trouve a la frontière) se sont battus jusqu’à la fin).

Cela donna du temps pour pouvoir concentrer  les troupes de l’Armée Rouge en direction de Moscou. Le territoire de la Biélorussie se retrouvait sous l’occupation des fascistes. Hitler avait un plan d’actions sur les territoires occupés: le plan OST (=Est), selon lequel il fallait exterminer 70% de la population, 100% de Juifs et d’autres minorités nationales (tsiganes), les 30 % qui restaient,  devaient servir de main-d’oeuvre dans les usines allemandes. 

Cela frappe par sa cruauté… les fascistes tuaient des gens, les chassaient dans les camps de concentration, organisaient des rafles, brûlaient des villages avec leurs habitants. Face à ces atrocités, des personnes ont décidé de résister. C’est ainsi que le mouvement des maquisards naît très vite après l’occupation: les gens partaient se cacher dans les forets. Ils s’armaient et organisaient des opérations contre les nazis, faisaient de l’exploration. En villes il y avait aussi des mouvements clandestins qui s’occupaient également de diversions et de la propagande anti-fasciste. 

Au fur et a mesure, les maquisards ont crée des zones qu’ils contrôlaient totalement, ou il n’y avait pas de fascistes et dans lesquelles ceux-ci avaient peur de pénétrer après quelques rafles ratées. Ma grand-mère était dans une de ces zones, elle était agent de liaison. Mais il y avait aussi des collaborateurs qui étaient contre le pouvoir des communistes ou bien, qui avaient quelques buts vaniteux…  Dans cette guerre il y avait beaucoup de contradiction et elle nous a laisse  assez d’énigmes…  

Vika, Minsk, Biélorussie

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Un magasin             Ma rue                      Nartoch, village touristique

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Afrique du Sud / Les couleurs de l’arc-en-ciel se mélangent

Posté par autourdumonde le janvier 5, 2008

800px-flag_of_south_africa.pngL‘Afrique du Sud est-elle enfin devenue la nation arc-en-ciel ? Même si le système raciste de l’Apartheid a été définitivement abandonné, les inégalités économiques subsistent et la vie politique de la jeune démocratie arc-en-ciel n’est pas encore née. Le pays est encore dans une phase transitoire, que représentent à merveille les forces de métissages qui transforment la population, alors même que celle-ci n’en a peut-être pas conscience.

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Nos sociétés occidentales, où le repli communautaire reste fort, offrent un contraste frappant avec l’Afrique du Sud qui s’ouvre au monde pour la première fois de son histoire. On sait combien la langue est le premier repère d’appartenance communautaire et/ou national. Le pays de Nelson Mandela reconnaît onze langues officielles ; Nkosi Sikelel’ iAfrica (l’hymne national) est à lui seul une magnifique expression de cette diversité, car chacune des cinq parties est dans une langue différente (Xhosa, Zoulou, SeSotho, Afrikaans, Anglais). L’Afrique du Sud est le seul pays au monde, où, lors d’un concert, Johnny Clegg pourra raconter une anecdote, empruntant des phrases au trois principales langues du pays (Anglais, Afrikaans, Zoulou), tout en étant compris par toute l’assistance. Le nombre de couple mixte explose, et la classe des “black diamonds”, qui symbolise la réussite économique des Noirs, devient de plus en plus visible. Chose impensable pendant l’Apartheid, des Noirs apprennent l’Afrikaans, alors que cette langue était jusqu’à présent élément structurant de la culture Boer.

 

Les inégalités économiques héritées de l’Apartheid subsistent cependant. Alors que le taux de chômage pour les Blancs est de 6%, celui pour les Noirs est de 40%. C’est la raison pour laquelle a été lancée en 1998 une politique de discrimination positive, le Black Economic Empowerment (BEE).

 Le Black Economic Empowerment 

L’ambition du BEE est d’accroître les effets positifs de la croissance sur l’activité économique des Personnes Historiquement Défavorisées (PHD). Les entreprises privées sont au coeur de ce développement : une note leur est attribuée en fonction d’un certains nombre de critères. Ceux-ci permettent d’apprécier les efforts fait par l’entreprise pour élargir son actionnariat, son management, son réseau de fournisseur… aux entreprises black-empowered et aux PHD. Une meilleure note BEE confère par exemple aux entreprises un avantage compétitif sur ses concurrents lors des appels publics.

 

Entrent notamment en ligne de compte dans le calcul de cette note :

.        Le pourcentage de capital aux mains des PHD

.        Les montants alloués aux politiques de formation dédiée aux PHD

.        L’existence ou non d’une politique préférentielle envers les fournisseurs Black-empowered

.        Le nombre de PHD dans le management

 

Le BEE sera donc déterminant pour établir et figer le paysage économique sud-africain, au sein duquel les Blancs (10 % de la population) sont pour le moment sur-représentés. Le développement du pays devra être soutenable et durable, afin que le pays puisse devenir une des puissances qui comptent au cours du vingt-et-unième siècle. Ceci d’autant plus que la vie économique est soumise à de rudes épreuves : l’inflation reste à un niveau important malgré les augmentations des taux directeurs, les infrastructures sont sur-exploitées, l’insécurité est une source d’inquiétude majeure pour les entreprises, l’électricité est devenue une ressource rare (l’électricien national, Eskom, dispose de marges de manoeuvre extrêmement réduites), le SIDA et sa non-prise en compte par les politiques sont préoccupants, la sous-rémunération du secteur public, et notamment des forces de police, favorise la corruption…

 

Toutes ces difficultés prennent un sens différent lorsqu’on se rend compte de l’ampleur de la tâche qui attend l’Afrique du Sud : comment dépasser les structures issues de l’Apartheid, prévues pour quatre millions de Blancs ? Le pays compte aujourd’hui 48 millions d’habitants ! Et la croissance reste soutenue, preuve de la réussite de ces politiques d’ouverture et d’affirmative action.

 

Une vie politique naissante

 

Là réside la clé du problème : le pays devra trouver des réponses politiques à ces défis, mais la vie politique du pays est encore en gestation : les premières élections démocratique n’ont eu lieu qu’en 1992 ! Les solutions ne pourront émerger que si les bonnes questions sont posées, et celles-ci le seront uniquement si le débat politique parvient à s’enrichir. Car la domination établie par l’ANC (Africa National Congress – le parti de Nelson Mandela, fer de lance de la lutte contre le régime de l’Apartheid) ne favorise pas la prise de conscience par la population de l’existence des problèmes et surtout de leurs solutions.

 

Même la compétition politique n’est pas encore comprise par la population. Ainsi, lors d’un sondage TNS, des sud-africains ont répondu qu’ils verraient bien Hellen Zille comme président de l’ANC – celle-ci étant pourtant la président de l’Alliance Démocratique, un parti d’opposition ! Le parti de Mandela n’a d’autre part aucune unité idéologique : en son sein, le très libéral ministre de l’économie Trevor Manuel côtoie Jacob Zuma, soutenu par le parti communiste et président de l’ANC.

 

Les forces centrifuges prendront certainement un jour le dessus, et l’ANC implosera pour donner naissance à des partis disposant – enfin – d’une identité idéologique. Il est heureux qu’il en soit ainsi, car le vote reste aujourd’hui trop racialisé, les Blancs votant plutôt pour l’Alliance Démocratique, les Noirs pour l’ANC. Cette transformation majeure, que beaucoup d’observateurs prédisent, ne se fera cependant pas avant au moins une décennie : en effet le personnel politique n’a pas été encore renouvelé.

 

La nation arc-en-ciel est donc assurément dans une période de transition, où l’on voit de profonds bouleversements secouer le pays de façon plus ou moins silencieuse. Lorsque ces transformations que l’on ne peut contraindre et empêcher se seront fait jour, l’Afrique du Sud perdra heureusement sa dénomination de “nation arc-en-ciel”. Les couleurs du pays – dont le drapeau symbolise la diversité – au lieu d’être juxtaposées, seront heureusement et définitivement mélangées.

 

Charles-Axel Dein, Johannesburg (Afrique du Sud)

ca,dein@free.fr

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