Autour du monde

Que se passe-t-il à l’autre bout du monde?

«We live on an island»

Posté par autourdumonde le janvier 11, 2008

photo-australie-2-eliane.jpg“We live on an island” was singing this fellow, Mr Percival, with lots of voices behind, at the Woodford festival, a few days ago. Woodford? The biggest music and art festival in  Queensland, the sunshine state, located in the Northern East part of Australia. Mr Percival? A tall, black-haired man, about 45 years-old and with a thick moustache which enables him to sing properly, as he says. But maybe the important point was his last words, before he left the stage, to a young band coming back home after nine years in NY.

“An island.”.. and not a small one!

  So the question is, does it change anything, culturally, or even psychologically, to live on an island? And what about a lonely island?

There are such different ways of thinking the country-continent, such as Britain, or Iceland. The first one, maybe as a colonialist empire, or maybe as a money-independent state, isn’t always appreciated by the other European countries. The second one, under Danish control for centuries, took time to finally feel equal to any other country. While so many strangers move to London, every Icelander has to come back home one day. And those backgrounds come along with people.

  But Australia… The island is so large and the state is so young. People were prisoners, punished for their past acts, jailed in this lost land, in the middle of waters. When the boundaries are the desert on one side and the ocean on the other, there is no chance to escape your faults…

But when the sun is shining, when the forests are waterfalls, amazing wilderness, and green depth, when the land is laying under your thoughts, we can easily imagine that prisoners wanted to start from scratch.

  Australia is the country of all possibilities. Australia is the state where you are welcome and where your life is considered as good for the country. Australia is the island where you can start a new life and where you will be accepted as you are, as long as you do something of yourself, whatever it is. You can pay; you can have whatever you want. You can work; you are free. On this island, we are all here to be alive, to be free and happy, to build our own paradise. So we are all lost on the same island.

Because of the history of Australia, or because of its exceptional weather, or maybe because of common dreams, whatever, Australia is more like a community. You are alone, sure, but everyone is your friend by default. You have your own roots, sure, but we are all here, together. You have your own plans, sure, but this cannot be better for the country. So we are on the same way, like brothers.

  photo-australie-eliane.jpg

This sounds dressed up, but the language tells by itself. You call everyone your mate, queuing at the bank or paying your bill at the supermarket. Everyone asks you how you are going, with a sincere smile, even from beautiful girls :) . You start conversations in the train or waiting for a concert, you are invited to barbecues after the second meeting and you receive help from the stranger.

  

You are such a lucky one to be in this growing country, looking at this beautiful land and living with the expansion of the city, of the economy and of the culture. You are part of this young story. You are lucky to be in Australia, so be my mate, be happy, and enjoy your day, ’cause (as they say) « she’ll be right! ».

  Australia/Eliane de Montmorillon

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Biélorussie/ Un pays de lacs et de forêts, marqué par l’histoire soviétique

Posté par autourdumonde le janvier 5, 2008

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Narotch, le lac le plus grand de Biélorussie

Le Belarus est un petit pays qui se trouve  à l’est de l’Europe et à l’ouest de la Russie (son petit frère, comme on l’appelait avant la crise de gaz à  la fin de l’année 2006) (sic).  

Pourquoi « Belarus » ?: le préfixe « béla-, biélo-» signifie « blanc, propre ». Il existe plusieurs étymologies : 1.car dans le pays il y a beaucoup de bouleaux; 2. Car les gens d’autrefois portaient des vêtements en lin de couleur blanche ; 3. Car ces gens étaient blonds, aux yeux bleus ; 4. « blanc » signifiait orthodoxe, la religion principale de la région ; 5. Ce territoire n’a jamais été sous le joug des tatares.  

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Une petite île sur le Lac de Narotch

La superficie compte 207, 6 km  carrés ce qui est 2,6 fois plus petit que la France et la population n’est que de 10 millions.  La  capitale est Minsk dont la population est 1,6 millions. Celle d’autres villes  ne dépasse pas 500 milles habitantes. Dès qu’on sort de Minsk, on se retrouve dans des champs infinis qui se mêlent à des forets, à de petites villes qui ressemblent plutôt  à des villages avec leurs petites maison sympas en bois et colorées de toutes les couleurs de l’arc- en-ciel, avec de petits potagers et jardins, des nids de cygnes sur la cheminée ou un vieux chêne ( Chez nous, on croit que cet oiseau porte du bonheur aux habitants de la maison. Donc chaque automne, on range soigneusement ce nid dans la grange  pour pouvoir chauffer la maison et le printemps, on le redépose sur sa place) !

Les paysages attirent par leur beauté modeste. Ici il n’y a pas de montagnes, pas de mer, mais c’est le pays des lacs et de forets. Nos poètes l’appelaient le pays aux yeux bleus, le pays sous les ailes blanches des cygnes…  Le nord a été orné de lacs comme de perles par un magicien raffiné, à goût sophistiqué… C’était le glacier venu de la Scandinavie.

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Minsk… Cette ville  a été presque entièrement détruite pendant la Grande Guerre nationale (GGN), elle a été reconstruite après et a maintenant un air très soviétique : les proportions mathématiques sont respectées ( entre la hauteur des bâtiments et la largeur des avenues, par exemple), c’est colossal, vaste (pas de charmantes ruelles étroites ), des avenues larges, symétriques, des bâtiments ornés de colonnes corinthiennes ( ordre préféré de Staline) et bien sûr, Lénine en fer sur la place de l’Indépendance ainsi Dzerginski devant le bâtiment du KGB biélorusse ( cet homme était le chef du NKVD soviétique qui effectuait des répressions contre les opposants du régime. D’ailleurs,  c’est un type désagréable qui même en fer donne la chair de poule !) )

Notre passé est  à chaque pas. Il y a beaucoup de monuments pour honorer les soldats qui sont morts pendant la GGN. Car au cours de cette période, le peuple biélorusse a vraiment beaucoup souffert. Quasiment un homme sur 3 est mort. Même maintenant, on s’aperçoit parfois que dans la rue ou dans un magasin, il y a beaucoup plus de femmes que d’hommes. Chaque famille a été touchée : ma grand-mère a été maquisarde biélorusse, mes grands-pères combattaient au front.  

Mais l’âme de Minsk se cache dans tout cela, il ne faut que la retrouver, elle a du charme. Elle sourit aux enfants qui jouent dans ses beaux parcs un jour d’été, elle flâne sur les quais de Svislotch, dans les avenues noyées de feux de nuit. Car la nuit change tout. L’âme de Minsk est alors présente dans les théâtres, dans les palais des Beaux Arts, dans les églises et cathédrales, dans les squares, près de fontaines, dans les visages souriants des gens…

Chaque matin je me réveille, je regarde par la fenêtre de la cuisine et je vois des oiseaux sur le bouleau, tout près, regardant curieusement, à leur tour, notre fenêtre. C’est ça, son âme : les hirondelles qui crient en annonçant la pluie,  les fenêtres allumées des mansardes  où travaillent des peintres, les chants des grenouilles au bord du lac près du centre de la ville. Vraiment, elle a du charme… 

  

La Grande Guerre nationale

La Grande Guerre nationale est l’appellation donnée à la guerre contre l’Allemagne fasciste, entre 1941 et 1945. Elle a commencé brusquement le 22 juin à 4h du matin. Il y avait des contradictions: les explorateurs annonçaient plusieurs fois à Staline qu’il y avait des préparations de l’attaque a la frontière (l’armée allemande avait occupe la Pologne, donc elle se trouvait a la frontière avec l’URSS). Mais Staline n’y avait pas prêté attention. Donc, le commandement avait mis trop tard l’armée en état d’alerte.

Hitler avait le plan de la guerre de foudre : il comptait conquérir la Biélorussie en quelques jours, et au bout d’un mois, occuper Moscou. La Biélorussie a subi le premier coup et a fait avorté ce plan car l’armée fasciste a mis plus d’un mois à occuper le Belarus (les soldats de la Forteresse de Brest (se trouve a la frontière) se sont battus jusqu’à la fin).

Cela donna du temps pour pouvoir concentrer  les troupes de l’Armée Rouge en direction de Moscou. Le territoire de la Biélorussie se retrouvait sous l’occupation des fascistes. Hitler avait un plan d’actions sur les territoires occupés: le plan OST (=Est), selon lequel il fallait exterminer 70% de la population, 100% de Juifs et d’autres minorités nationales (tsiganes), les 30 % qui restaient,  devaient servir de main-d’oeuvre dans les usines allemandes. 

Cela frappe par sa cruauté… les fascistes tuaient des gens, les chassaient dans les camps de concentration, organisaient des rafles, brûlaient des villages avec leurs habitants. Face à ces atrocités, des personnes ont décidé de résister. C’est ainsi que le mouvement des maquisards naît très vite après l’occupation: les gens partaient se cacher dans les forets. Ils s’armaient et organisaient des opérations contre les nazis, faisaient de l’exploration. En villes il y avait aussi des mouvements clandestins qui s’occupaient également de diversions et de la propagande anti-fasciste. 

Au fur et a mesure, les maquisards ont crée des zones qu’ils contrôlaient totalement, ou il n’y avait pas de fascistes et dans lesquelles ceux-ci avaient peur de pénétrer après quelques rafles ratées. Ma grand-mère était dans une de ces zones, elle était agent de liaison. Mais il y avait aussi des collaborateurs qui étaient contre le pouvoir des communistes ou bien, qui avaient quelques buts vaniteux…  Dans cette guerre il y avait beaucoup de contradiction et elle nous a laisse  assez d’énigmes…  

Vika, Minsk, Biélorussie

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Un magasin             Ma rue                      Nartoch, village touristique

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Afrique du Sud / Les couleurs de l’arc-en-ciel se mélangent

Posté par autourdumonde le janvier 5, 2008

800px-flag_of_south_africa.pngL‘Afrique du Sud est-elle enfin devenue la nation arc-en-ciel ? Même si le système raciste de l’Apartheid a été définitivement abandonné, les inégalités économiques subsistent et la vie politique de la jeune démocratie arc-en-ciel n’est pas encore née. Le pays est encore dans une phase transitoire, que représentent à merveille les forces de métissages qui transforment la population, alors même que celle-ci n’en a peut-être pas conscience.

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Nos sociétés occidentales, où le repli communautaire reste fort, offrent un contraste frappant avec l’Afrique du Sud qui s’ouvre au monde pour la première fois de son histoire. On sait combien la langue est le premier repère d’appartenance communautaire et/ou national. Le pays de Nelson Mandela reconnaît onze langues officielles ; Nkosi Sikelel’ iAfrica (l’hymne national) est à lui seul une magnifique expression de cette diversité, car chacune des cinq parties est dans une langue différente (Xhosa, Zoulou, SeSotho, Afrikaans, Anglais). L’Afrique du Sud est le seul pays au monde, où, lors d’un concert, Johnny Clegg pourra raconter une anecdote, empruntant des phrases au trois principales langues du pays (Anglais, Afrikaans, Zoulou), tout en étant compris par toute l’assistance. Le nombre de couple mixte explose, et la classe des “black diamonds”, qui symbolise la réussite économique des Noirs, devient de plus en plus visible. Chose impensable pendant l’Apartheid, des Noirs apprennent l’Afrikaans, alors que cette langue était jusqu’à présent élément structurant de la culture Boer.

 

Les inégalités économiques héritées de l’Apartheid subsistent cependant. Alors que le taux de chômage pour les Blancs est de 6%, celui pour les Noirs est de 40%. C’est la raison pour laquelle a été lancée en 1998 une politique de discrimination positive, le Black Economic Empowerment (BEE).

 Le Black Economic Empowerment 

L’ambition du BEE est d’accroître les effets positifs de la croissance sur l’activité économique des Personnes Historiquement Défavorisées (PHD). Les entreprises privées sont au coeur de ce développement : une note leur est attribuée en fonction d’un certains nombre de critères. Ceux-ci permettent d’apprécier les efforts fait par l’entreprise pour élargir son actionnariat, son management, son réseau de fournisseur… aux entreprises black-empowered et aux PHD. Une meilleure note BEE confère par exemple aux entreprises un avantage compétitif sur ses concurrents lors des appels publics.

 

Entrent notamment en ligne de compte dans le calcul de cette note :

.        Le pourcentage de capital aux mains des PHD

.        Les montants alloués aux politiques de formation dédiée aux PHD

.        L’existence ou non d’une politique préférentielle envers les fournisseurs Black-empowered

.        Le nombre de PHD dans le management

 

Le BEE sera donc déterminant pour établir et figer le paysage économique sud-africain, au sein duquel les Blancs (10 % de la population) sont pour le moment sur-représentés. Le développement du pays devra être soutenable et durable, afin que le pays puisse devenir une des puissances qui comptent au cours du vingt-et-unième siècle. Ceci d’autant plus que la vie économique est soumise à de rudes épreuves : l’inflation reste à un niveau important malgré les augmentations des taux directeurs, les infrastructures sont sur-exploitées, l’insécurité est une source d’inquiétude majeure pour les entreprises, l’électricité est devenue une ressource rare (l’électricien national, Eskom, dispose de marges de manoeuvre extrêmement réduites), le SIDA et sa non-prise en compte par les politiques sont préoccupants, la sous-rémunération du secteur public, et notamment des forces de police, favorise la corruption…

 

Toutes ces difficultés prennent un sens différent lorsqu’on se rend compte de l’ampleur de la tâche qui attend l’Afrique du Sud : comment dépasser les structures issues de l’Apartheid, prévues pour quatre millions de Blancs ? Le pays compte aujourd’hui 48 millions d’habitants ! Et la croissance reste soutenue, preuve de la réussite de ces politiques d’ouverture et d’affirmative action.

 

Une vie politique naissante

 

Là réside la clé du problème : le pays devra trouver des réponses politiques à ces défis, mais la vie politique du pays est encore en gestation : les premières élections démocratique n’ont eu lieu qu’en 1992 ! Les solutions ne pourront émerger que si les bonnes questions sont posées, et celles-ci le seront uniquement si le débat politique parvient à s’enrichir. Car la domination établie par l’ANC (Africa National Congress – le parti de Nelson Mandela, fer de lance de la lutte contre le régime de l’Apartheid) ne favorise pas la prise de conscience par la population de l’existence des problèmes et surtout de leurs solutions.

 

Même la compétition politique n’est pas encore comprise par la population. Ainsi, lors d’un sondage TNS, des sud-africains ont répondu qu’ils verraient bien Hellen Zille comme président de l’ANC – celle-ci étant pourtant la président de l’Alliance Démocratique, un parti d’opposition ! Le parti de Mandela n’a d’autre part aucune unité idéologique : en son sein, le très libéral ministre de l’économie Trevor Manuel côtoie Jacob Zuma, soutenu par le parti communiste et président de l’ANC.

 

Les forces centrifuges prendront certainement un jour le dessus, et l’ANC implosera pour donner naissance à des partis disposant – enfin – d’une identité idéologique. Il est heureux qu’il en soit ainsi, car le vote reste aujourd’hui trop racialisé, les Blancs votant plutôt pour l’Alliance Démocratique, les Noirs pour l’ANC. Cette transformation majeure, que beaucoup d’observateurs prédisent, ne se fera cependant pas avant au moins une décennie : en effet le personnel politique n’a pas été encore renouvelé.

 

La nation arc-en-ciel est donc assurément dans une période de transition, où l’on voit de profonds bouleversements secouer le pays de façon plus ou moins silencieuse. Lorsque ces transformations que l’on ne peut contraindre et empêcher se seront fait jour, l’Afrique du Sud perdra heureusement sa dénomination de “nation arc-en-ciel”. Les couleurs du pays – dont le drapeau symbolise la diversité – au lieu d’être juxtaposées, seront heureusement et définitivement mélangées.

 

Charles-Axel Dein, Johannesburg (Afrique du Sud)

ca,dein@free.fr

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“le froid ? peu m’en chaut (sur la banquise)!”

Posté par autourdumonde le décembre 10, 2007

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Décembre. Le thermomètre taquine les abysses, le climat joue avec nous, se joue de nous. C’est qu’il sait faire preuve de beaucoup d’humour (reste à savoir à quel degré le prendre…) le bougre !
 
Mais…
 
il ne fait pas froid.
 
A la rudesse de la météo québécoise, s’oppose une douceur de vivre. Chaque instant passé, chaque parole prononcée baignent dans une aménité chaleureuse. Défiant le vent glacial, une sensation de cordialité apaisante nous drape et prend le dessus sur les éléments naturels.
 
Loin de moi la volonté de véhiculer des poncifs, d’asséner comme vérités des jugements tels les québécois sont ainsi, les français comme ça…On évoque fréquemment une « mentalité» propre à chaque “culture”, et l’on ne soucie guère du risque de considérer cette dernière comme monolithique, et plus largement de la figer. Doit-on rappeler la nécessité de se garder de toute réflexion généralisante, paralysante…tentante car facile…et de fait, si pauvre…
 
je cesse là mon sermon pseudo épistémologique et vais mettre à mal les principes énoncés ci-dessus.
 
Oui, j’ose un “faites ce que je dis”, “ne faites pas ce que je fais” suintant la suffisance. Oui, je m’en vais déverser avec outrecuidance, confusion et balourdise quelques impressions maladroitement formulées (car l’émotion m’étreint, corps et âme, coeur et plume ; sérieusement, n’en doutez pas) relatives à ce peuple montréalais cosmopolite et pluriel, que je crois enveloppé d’un même manteau de quiétude bienveillante.
 
Je m’explique.
Preuves à l’appui.
 
Derrière l’engin débalayeur de neige, une pancarte : «Attention, je recule fréquemment »
Devant un guichet fermé : «veuillez nous excuser de l’absence de notre agent».
Sur l’écran avant du bus indisponible : « désolé, hors service»
Au terminus de la ligne de métro, la petite voix automatique mais non moins enjouée « merci d’avoir voyagé avec la STM [ndlr : Société des Transports en commun de Montréal], bonne journée !”
Les caissiers des supermarchés, les débuts d’appels téléphoniques au journal : « allo ! Ça va bien ? »
Les policiers appelés « agents de service », faisant preuve d’une réelle police…tesse
Les “merci, au revoir” des passagers aux chauffeurs de bus…
 
Les exemples ne manquent pas, partout, tout le temps. Je reste persuadée que tous ces éléments peuvent favoriser la bonne humeur, gommer toute trace d’amertume, calmer les esprits les plus échauffés, les colères les plus contenues.
 
Et si c´était par là qu´il fallait commencer, par toutes ces petites choses qui donnent le sourire pour peu qu’on n’y fasse attention  ? par ces petites choses, qui, accumulées, contribuent à la douceur du climat social ?
Et si c´était ça, la garantie de la coexistence pacifique entre les individus, entre les diverses communautés, et entre l’individu et la communauté ?
Et si c’était ça, la clé du maintien et du développement du lien social?
Et si c’était ça, l’assurance de la survie de l’H/humanité menacée par les assauts des replis et crispations identitaires ?
Et si..euh pardon, j’arrête.

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C’est dans l’air. Des millions de particules de gentillesse et de civisme flottent, on les respire, elles nous frôlent, on les savoure plus ou moins consciemment. J’attends que cette poudre de perlinpinpin serein neige à gros flocons outre-atlantique, sur cette autre terre… qui deviendrait ainsi une “douce france”…(la non-utilisation de la majuscule est volontaire et symbolise ma modeste contribution à la réduction de la pluridimensionnelle et exaspérante arrogance française)
 
en attendant…
 
je n’ai pas froid.

                                                                                            Fanny Debil/Montréal

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INDE/300 KM A PIED, CA USE LES DROITS FONCIERS

Posté par autourdumonde le novembre 30, 2007

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Marche dans les pas des tribus sans-terre en Inde

Une femme arborant des tatouages sur ses jambes maigres se tient droite devant le traducteur. Dans ses bras, un enfant de quelques années aux yeux noirs et profonds, comme attentifs a ses paroles. « On a marché de Gwalior jusqu’à Dehli, et on restera jusqu’à ce qu’on nous écoute. On est prêt à mourir pour avoir le droit de cultiver nos terres ! » Derrière, un vieil homme édenté acquiesce et renchérit : « le gouvernement ne s’occupe pas de nous, que des riches, et en plus ils nous volent nos terres. A mon âge, je n’ai toujours pas de propriété pour mon fils aîné » . Sa moustache tremble mais pas son regard. Ses membres fatiguent mais pas son poing, serrant son arc, ses flèches et… son parapluie (!).

Tout comme ces villageois de l’Orissa, 25 000 tribaux, intouchables et supporters ont quitté leur province lointaine pour venir marcher plus de 350 km pendant un mois (du 2 octobre 2007 (anniversaire de la naissance de Gandhi) au 28 octobre 2007). Cela rappelle la marche non-violente lancée par Gandhi et suivie par des milliers d’indiens en 1930, contre la monopolisation économique du sel par les britanniques. Cette fois, c’est une lutte pour la survie ; de la juste gestion des terres dépend leur activité agricole, base de leur mode de vie.

Derrière cette protestation immense une organisation incroyablement bien ficelée. En effet, ces milliers de personnes sans argent, désespérées et sujettes à une violence structurelle défilent pacifiquement en 3 rangs disciplinés (ce qui est par ailleurs impensable en France). Un groupe international de moines bouddhistes en méditation les précède, ouvrant ainsi la marche par un symbole de non-violence et d’intercompréhension. Cette image a tout de suite favorisé l’opinion locale (offre de nourriture) et policière (dons aux familles des victimes lors de l’accident de circulation du 19 octobre, invitation de Rajagopal et demande d’entraînement des policiers a la non-violence !).

Les leaders viennent ensuite, suivant les mêmes conditions que tous les marcheurs ; ils vivent le long d’une route que les policiers ont isolée de la circulation. Même peu utilisées, des toilettes mobiles sont installées chaque nuit. Le froid de la nuit et la fatigue du jour rendent aussi nécessaires des jeep-ambulances. Face à la chaleur et la poussière de midi sur les routes nues, des camions-citernes circulent avec de l’eau que chacun vient récolter dans sa bouteille.

Un thé noir et quelques pois chiches à 6h le matin, un déjeuner à base de riz après la marche vers 14h et un dîner de quelques céréales brutes sont distribues par des camions. Pour les nuits froides sur la route (surtout à l’approche de Dehli), des bâches en plastiques et des couvertures sont fournies.

Chacun de ces véhicules-distributeurs est attribué à l’un des 25 groupes, défini selon la province et qui garde sa place tout le long de la marche.

Cette expérience extrême et passionnante a ainsi été pensée depuis plus de 3 ans par cet organisateur phénoménal; Ekta Parishad (« forum de l’unité »), mouvement de masse indien structuré par plusieurs associations régionales, et basé sur des principes gandhiens. Son très charismatique fondateur, Rajagopal, a aussi eu la faculté de rassembler les gens et les idées en incarnant la cause des sans terre. De fait, cette marche est le point culminant d’une vaste campagne nationale (marches…) et internationale (forums et conférences) intitulée “Janadesh” 2007 (“le verdict du peuple”), qui a pour but de connecter les luttes locales, de réunir nombre de personnes et d’organisations et ainsi d’établir une vaste lutte non-violente pour une gestion équitable des terres.

En effet, mettre les puissants sous pression pour plus de justice sociale n’est pas une mince affaire, c’est bien connu. Ainsi, après d’autres marches de ce genre et une pression continue, une délégation a pu discuter de reformes foncières avec le Premier Ministre indien et le président de la commission des finances en décembre 2005. Mais les promesses sont souvent pas ou mal tenues, d’où la décision d’un événement de masse pour un pas décisif. Les attentes de ce mouvement ont été clarifiées en 3 points ; une autorité nationale, un guichet unique (ce qui existe déjà pour les multinationales !) et des tribunaux rapides s’occupant de la re attribution des terres.

Des manifestations communistes contre l’accord nucléaire avec les Etats-Unis, courant octobre ont aussi mis à mal l’alliance gouvernementale et ont contribué à faire entendre ces revendications.

La pression médiatique a cependant été tardive, limitée aux informations locales les premières semaines. A nos questions sur l’influence gouvernementale de cet escamotage, d’aucuns grommellent « les journaux nationaux sont pour les élites, et les élites n’ont pas intérêt a ce qu’il y ait de la justice sociale. La presse indienne est soumise aux grands propriétaires et aux compagnies multinationales »… Finalement, de journal local en journal régional jusqu’à la télévision nationale, la marche se fera entendre. Surtout, l’accident de circulation ayant causé 4 morts, et l’entrée puis le blocage policier dans Dehli, attireront de nombreux medias. Ces derniers se sont notamment concentrés sur la 50aine de participants étrangers (plutôt que par la vingtaine de milliers d’indiens) ; interviews TV, radio, écrite, photos… L’exotisme est rentable.

Les soutiens internationaux ont ainsi eu une place importante dans la Janadesh, tant dans la marche qu’en dehors ; mini-marches de soutien en Suisse et France, envois de dons et de banderoles par les associations partenaires, articles de journaux et émissions TV, 25000 cartes postales et lettres de soutien a Ekta Parishad ont été envoyées au premier ministre indien, appels aux ambassades pendant le blocage policier a Dehli …

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Il a donc fallu beaucoup de motivation pour poursuivre ce but, toujours dans un esprit de non-violence mais dans une volonté sans faille d’aller jusqu’au bout du combat avec le gouvernement. Le ministre du développement rural s’est en effet désisté une première fois puis est venu faire un discours bidon sur le fait qu’il aimait bien Gandhi, le principe de la marche et de la non-violence (!). De belles paroles protégeant le gouvernement sans aucune annonce concrète.
De même, la police donnait souvent plus l’impression de nous surveiller que de nous protéger. Cette impression s’est confirmée lors de l’ « emprisonnement » final de 25 000 personnes dans un parc de Dehli, attendant l’autorisation du gouvernement.

A ce moment plus que jamais, les marcheurs étaient harassés par les 13kms parcourus tous les jours pendant des semaines, le manque de nourriture parfois, le froid des nuits sur la route… 8 personnes sont ainsi mortes de fatigue et les malades ne se comptent plus. Mais tous sont prêts a jeûner, rester la et se nourrir de danse, de musique et d’espoir au nom des droits de la terre, de leur dignité.

A peine fus-je montée sur la borne d’un péage pour avoir une vue d’ensemble que des groupes d’hommes m’ont souri en brandissant le poing « Ekta Parishad ! » « Janadesh zinzabad ! ». Traverser leurs lignes disciplinées ne leur donnent pas un sentiment d’injustice ; des femmes me prennent la main ou lèvent le poing en murmurant « jai ja gat ! » (« victory to the world »), toujours avec ce sourire de communion, cette force tranquille et sure passant au-delà des cultures…

En plus de ces marches quotidiennes, les groupes dansent et chantent… les slogans et musiques préparés les mois d’avant se propagent dans chaque groupe a travers des haut-parleurs juchés sur d’insolites cyclo-rickshaws. Certains groupes dansent, des percussions effrénées rythmant les mouvements des hommes dont les déhanchés sont a faire rougir des danseuses orientales. Les cris, sifflements et banderoles enjoignent à danser et exprimer son art non-violent face à une bureaucratie sans âme. Apres avoir passé le cap de la timidité, les étrangers pouvaient aussi joindre cette vague harmonieuse et exaltante… le battement des peaux de cuirs faisait écho a celui du cœur, les balancements des jambes et du corps ne semblaient plus obéir qu’a un élan puissant, fondant toutes nos différences au nom d’une cause… janadesh. Ce fut mon plus fort sentiment dans la participation à cette padyatra.

Finalement, après une journée écrasante dans l’inconfort de l’incertitude et du blocage policier dans un parc poussiéreux et étouffant, la réponse est venue… Comme quoi, la marche c’est bon pour la santé et la démocratie ! Ils ont donc obtenu tous leurs souhaits, au moins sur le papier et dans les mots, les actions devant être prises d’ici trois mois.

Grosse victoire dans une ambiance étrange… les gens extenués, parfois illettrés, ou juste désabusés n’ont pas sauté de joie. A les voir, on aurait pu douter de ce que le ministre avait dit. Mais chacun sait bien que c’est un pas certes important, mais aussi que le processus engagé (participation d’Ekta Parishad à un comite de redistribution des terres) nécessitera du temps. Les paysans ne retrouveront pas leur terre demain, et les leaders devront se faire une place dans cette nouvelle autorité.

Toutefois, a cette méfiance s’est bientôt dissipée pour un vrai sentiment de victoire ; rires, larmes, Rajagopal porté a travers les tribus qui l’ont suivi et ont cru en lui, danses plus effrénées que jamais dans des nuages de poussière et des corps se balançant dans tous les sens, comme une délivrance physique face a cette décision morale…

Finalement, comme Rajagopal l’a dit au dernier comité, et je trouve que cela convient bien à ce pays fantastique et vertigineux, MIRACLE IS POSSIBLE !! A nous d’en jeter les bases, ici ou ailleurs…

Clotilde Gennet, Inde

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Chine/ La démocratie ? Oui, mais sans les élections !

Posté par autourdumonde le novembre 25, 2007

chine3.jpgchine3.jpgchine3.jpgLes jeunes Chinois sont majoritairement pour la démocratie, mais sans les élections ! La raison : ne pas nuire à la croissance. Pour comprendre cette opinion, il est nécessaire de se détacher des modes de pensées occidentaux. 

Lors d’une conférence, un professeur français totalement sinisé (Jean-Louis Rocca, de la fac de Tsinghua) évoquait les résultats d’une enquête qu’il avait menée : les jeunes, ceux qui vivent à la ville et qui ont une situation professionnelle confortable, pensent que la Chine devrait effectivement aller dans le sens de la démocratie mais pas n’importe laquelle : un régime avec plus de libertés (de la presse, de réunion etc.) mais SANS élections.

« Les habitants des campagnes ne sont pas “prêts” intellectuellement à voter »

Selon eux, les élections amèneraient l’instabilité et l’instabilité est synonyme de chute de la croissance. Mais leur réflexion est plus profonde que cela : à la ville on pense que les habitants des campagnes ne sont pas “prêts” intellectuellement à voter, que s’ils votaient cela déboucherait sur l’anarchie et ils n’en veulent pas. Ils sont en fait assez conservateurs dans ce sens : ils n’aiment pas les bouleversements sociopolitiques du tout.  

Même avis assez nuancé sur la question des travailleurs migrants, les “mingong” comme on les appelle ici : ces paysans qui migrent à la ville pour un salaire plus conséquent (mais toujours miséreux comparé aux citadins qui ont un permis de résidence) qui est quasiment entièrement reversé à la famille restée à la campagne. Leur temps de travail est dans 50% des cas supérieur à celui des ouvriers urbains mais les mingong n’atteignent pas 60% du revenu de ces mêmes ouvriers urbains. Les jeunes trouvent que leur situation (pas de statut, pas de droits, pas de sécurité au travail, encore moins de sécurité sociale) est injuste et ils les plaignent. Mais ils considèrent que pour devenir de vrais citadins ils devraient renier leur condition de paysan.

« Les gens acceptent leur sort beaucoup plus facilement qu’en Occident »

A côté de cela, ma prof de chinois a un discours qui est tellement différent de celui de la plupart des Chinois. Elle ne supporte pas le gouvernement, elle souhaite de tout cœur que les JO apportent quelque chose de démocratique au régime mais en doute réellement. Elle me dit qu’en Chine les gens acceptent leur sort beaucoup plus facilement qu’en Occident : ils s’adaptent à des conditions parfois proches de l’inhumanité et se disent que de toutes façons, ailleurs ou autrement ce n’est pas forcément mieux.

C’est la philosophie chinoise : aucune culture de “l’opposition à une opinion” ou de “l’argument contraire” comme nous la connaissons en Occident depuis la démocratie grecque. Les différentes opinions forment un tout, elles ne se rencontrent pas forcément mais elles ne s’opposent pas. De ce fait, la démocratie est beaucoup moins quelque chose d’”innée” qu’en Europe par exemple. Je reprends ici les propos de François Jullien, philosophe et sinologue, qui était passé à Pékin en octobre et que j’avais trouvé passionnant. Impossible pour lui de comprendre la culture chinoise ni de la connaître réellement si on la lit avec notre pensée occidentale et nos valeurs.

Les études menées montrent qu’on ne peut analyser la société chinoise simplement en terme d’occidentalisation ou d’individualisation. L’élément autochtone est extrêmement important (le fait par exemple que la plupart des jeunes vivent à proximité de leurs parents, ou le désirent fortement. Les parents apportent donc toujours à leurs enfants ; ils représentent une base de « sécurité émotionnelle » dans un monde difficile qui s’individualise).

Des différences culturelles

Le processus de modernité ne se traduit donc pas uniquement par l’individualisation de la société. L’idée reçue selon laquelle les Chinois ne penseraient plus qu’à accumuler des choses matérielles est réductrice. Les gens ne s’en contentent pas, ils portent un jugement sur les changements qui s’opèrent dans la société.Autre exemple vraiment caricatural, ma prof me racontait l’histoire de son oncle qui avait été enfermé et torturé par les Communistes (parce que fils d’un maire sous Chang Kai-Check) et qui en sortant de ce calvaire avait décidé de prendre sa carte au PC et était depuis un fidèle du parti. Quelque chose de parfaitement invraisemblable et incompréhensible pour nous.

Autre fait marquant qu’on ne comprend pas non plus : la culture de la destruction. Exemple typique : on détruit un temple de Confucius pour en construire un nouveau tout beau tout neuf mais complètement dénué de la charge culturelle que le précédent possédait… Xinyi, ma collègue chinoise francophone, ressent une réelle rage en elle à ce sujet : à Beida (ou “Peking University”), la fac la plus réputée du pays dans laquelle elle a étudié le français, le “mur de la démocratie” (toutes ces affiches qui contenaient des messages de liberté) qui avait vu le jour au moment des événements de 1989 auxquels les étudiants de Beida avaient massivement participé a été détruit, sans appel. C’était un symbole culturel pour l’âme de la fac, et l’administration a décidé de le supprimer de façon totalement arbitraire.                                                                 

 Lara GAUTIER, Pékin

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